Prise(s) de conscience

On ne va manquer de rien

La période très particulière que nous vivons a ceci d’étonnant qu’elle nous oblige à une introspection intense, même si on ne le souhaite pas.

J’étais plutôt fière de notre comportement responsable vis-à-vis des courses d’avant confinement : quand tous les autres clients de l’hypermarché, vendredi 13 – oui, j’ai fait mes courses dès vendredi 13 matin, avant le confinement, je suis plutôt du genre prévoyante, vous allez voir -, profitaient de la promo de 64 rouleaux de papier-toilette, j’en achetais 8, pour « en laisser aux autres ».

Quand on est face à soi-même…

J’étais plutôt fière aussi d’avoir réussi à convaincre Cher-et-Tendre une semaine plus tôt de passer au filtrage de l’eau du robinet au lieu des tonnes de bouteilles d’eau minérale consommées – Cher-et-Tendre a un problème avec l’eau du robinet. Belgique, Paris, Bordeaux, même combat, il refuse d’en boire, et surtout que Petit d’Homme en boive. Meilleur pour la planète et pour les livreurs chaque semaine – on est au 3ème sans ascenseur…

J’étais plutôt fière aussi cette semaine de ne pas avoir à surcharger les plateformes logistiques puisqu’on avait du stock en capsules de café et en liquide de vape. Pas la peine de faire envoyer des colis inutiles. Gardons de la place pour les choses de première nécessité comme Animal Crossing pour Cher-et-Tendre. Et Petit d’Homme. Et par ricochet, moi forcément, qui vais profiter de ces moments d’intense complicité père-fils entre 2 séances de télé-école…

On arrête de s’auto-congratuler

Mais ce matin, ça m’a frappé : en fait, à part le frais (viande / poisson / légumes / crémerie), on a de tout. En stock conséquent. Des bidons et des bidons de lessive achetés pendant une promo. Des pâtes industrielles de toutes les formes et toutes les couleurs (toutes achetées bien avant cette histoire de virus). Suffisamment de litière pour le chat pour tenir plus d’un mois même si on ne peut plus en acheter – ce qui n’est pas le cas. Des mini-gels douche récupérés lors de mes nombreuses nuits d’hôtel. Des crèmes, maquillages, et produits pour cheveux en tous genres de toutes les boxes auxquelles je me suis abonnée au fil des années. Des casseroles et des poêles de rechange – qui d’autre que nous a des casseroles, des poêles, des ménagères de couverts, et des verres de rechange ?

Je comprends mieux pourquoi cette crise ne me panique pas plus que ça. En fait, je crois que je vivais ma vie d’avant – on est tous d’accord, même si on ne connaît pas encore le après, il y a déjà un avant-, comme si je me préparais à ce qui nous arrive. La faute à toutes les dystopies que je lis ? À une peur de manquer atavique que je ne réalisais pas ? Je n’ai pas la réponse – même si je pense que les dystopies y sont pour beaucoup. Je n’ai pas attendu la période actuelle pour dévorer toutes les dystopies possibles et imaginables. Mais alors, toutes. En version livre. Série. Film. Toutes. Oui, ça doit être les dystopies. Sûrement. Forcément. Je suis une survivaliste sans le savoir. Même si j’ai aucune arme. J’vous le jure.

Et aujourd’hui, on a fait quoi ?

Télé-travail. Télé-école (avec un Petit d’Homme plutôt récalcitrant à apprendre la conjugaison des verbes du deuxième groupe, on s’y est mis à 2 avec Cher-et-Tendre pour réussir à garder notre calme). Rangement. Infos. Les jours commencent à se ressembler furieusement en fait.

Et découverte d’un article LinkedIn qui m’a renvoyé à mes propres angoisses (oui, aujourd’hui on broie plutôt du noir) : Réseaux asociaux : la peur du silence. Je me suis sentie directement visée. À juste titre. Plutôt bien écrit d’ailleurs.

Ma dernière introspection de la journée a donc été sur le sujet évoqué dans cet article. Même si je ne me reconnais pas dans les Instagrameuses qui publient des photos à tout va, même si je pense que les pensées de cette jeune femme (elle a l’air jeune sur la photo de son profil) sont tout autant personnelles que ce blog, son article m’a fait réfléchir.

Mais je suis arrivée à deux conclusions importantes :

  • J’écris plus pour écrire que pour être lue. Même si cela me fait toujours plaisir quand vous likez / commentez / partagez, vous le faites si peu en fait que si ce n’était que pour cela, j’aurais déjà abandonné. C’est vrai ça dis donc ! Forcément j’ai été regardé mes stats après ça. Elles sont basses. Très basses. Ridiculement basses. Pourquoi vous ne partagez pas sur vos réseaux ? Je ne serai pas fâchée, vous savez. J’vous le jure.
  • En fait, je me fiche de ce que pensent les gens. Surtout ceux que je ne connais pas. Même parfois ceux que je connais. Tant que je ne fais pas de mal bien sûr.

Donc il y aura un article demain.

Photo by Erik Mclean on Unsplash

Pour vous abonner au podcast

Revues (et Corrigées) est disponible sur Apple PodcastsGoogle PodcastsSpotifyRadio PublicBreakerPocket Cast, Majelan, Overcast, Anchor, Bullhorn, Podcloud, et Podcast Addict