La charge mentale

Charge mentale

Après les articles sur le télétravail et son organisation, les articles sur les querelles scientifiques autour de traitements à l’efficacité plus ou moins prouvées, la tendance médiatique est aux articles sur la charge mentale liée au confinement et un des sujets les plus évoqués est la répartition des tâches.

C’est peut-être les algorithmes de mes fils de réseaux sociaux qui me montrent cela étant donné que nous avons récemment un épisode sur le sujet avec mes camarades du Digital Pour Tous, ou encore le biais cognitif qui fait qu’on fait plus attention à un sujet qu’on a en tête qu’à un loin de nos préoccupations du moment (l’effet Baader-Meinhof, pour ceux qui se demandent comment il s’appelle), mais c’est en tous cas la sensation majeure.

Vous l’entendez dans ma voix ou pas ?

Qui dit répartition des tâches dit guerre des sexes, donc je vais apporter ma pierre à l’édifice aujourd’hui. Ou plutôt ma munition à l’arme.

Précautions oratoires

Pour ceux d’entre vous qui nous connaissent, Cher-et-Tendre et moi, ou même qui ne connaissent que moi, vu que je parle quand même beaucoup de Cher-et-Tendre, vous savez a minima 3 choses sur notre répartition habituelle :

  • Cher-et-Tendre est celui qui cuisine
  • Cher-et-Tendre est celui qui gère Petit d’Homme de A à Z les matins d’école – c’est-à-dire du lever jusqu’à le déposer devant l’école et vérifier qu’il est bien entré avant de partir -, sauf le mardi quand il est à Paris.
  • Cher-et-Tendre est un mec formidable, bourré, mais alors bourré de qualités, qui n’a aucun mais alors aucun défaut. Ou si peu.

Parce que la guerre des sexes, c’est respectable, il faut admirer nos aînées qui l’ont démarrée, tout ça tout ça, mais quand ça s’invite dans son foyer, de surcroît en plein confinement, ça peut vite dégénérer.

Chez nous donc

Il y a des évidences. D’abord parce que Cher-et-Tendre cuisine, donc, tout le temps. J’ai le droit de le soulager de temps en temps avec mes super omelettes, et je m’occupe des gâteaux avec Petit d’Homme, parce que Cher-et-Tendre n’aime pas cela.

Comme il cuisine, il fait les courses aussi. En ce moment il râle pas mal, parce qu’il ne trouve pas tout ce qu’il veut depuis la fermeture de son marché favori, mais quand même.

Comme il a un métier impossible à pratiquer en télétravail, il ne travaille pas, donc il a pris en charge aussi les lessives. Les nombreuses lessives. Et les désinfections. Et le repassage. Enfin il a surtout compris qu’il fallait sortir tout de suite les vêtements du sèche-linge pour que ce soit moins froissé, mais il repasse un peu quand même les trucs trop inmettables.

Un homme parfait, donc, qui me laisse tout le temps du monde pour travailler, écrire, et appeler mes copines ? Presque, mais pas complètement.

Comme je bosse « dans le digital » – il ne sait pas exactement ce que je fais, mais je ne peux pas le blâmer vu que c’est vaste et varié -, il ne fait même pas ses recherches sur Internet tout seul. Le corollaire, c’est qu’il faut que je lance toutes les réunions digitales du moment : le Zoom du cours de code de Petit d’Homme ou de l’apéro avec des potes, le Skype de l’activité du dimanche matin… Et bien sûr je suis la seule à savoir parler à Amazon. Pas Alexa, hein, le site. Pour acheter. Sinon il faut que je vérifie qu’il ne s’abonne pas à Prime sans le savoir ou qu’il n’achète pas à un fournisseur de marketplace inconnu au bataillon des produits contrefaits.

J’ai aussi un grand défaut qui lui fait défaut : je suis plutôt organisée. Dans ma tête mais pas que – même si j’avoue que comme tout le monde, en ce moment, dans ma tête, c’est plus si clair qu’avant, mais ce sera le sujet d’un autre billet. Donc je fais les listes. La gestion de l’agenda. La répartition des devoirs de Petit d’Homme sur plusieurs jours – le maître a décidé pour cette dernière semaine avant les vacances de tout envoyer en une fois mardi matin et qu’on tienne jusqu’à vendredi soir.

Là où c’est encore plus subtil, c’est les devoirs de Petit d’Homme. Je lance donc le matin avant de monter m’enfermer dans mon bureau où je passe 8 à 9h par jour en ce moment – dont la rédaction de ces billets et l’enregistrement du podcast, vous avez écouté au fait ? – et j’espérais lui déléguer la correction. Je lui ai délégué la correction. Avec sa bénédiction. Sauf qu’en lisant ce que Petit d’Homme avait envie de me montrer, il restait des fautes non vues. Rien de grave, bien sûr, un accent oublié non signifié, une ponctuation mal placée, une transcription inexacte non vérifiée – Petit d’Homme peut être fourbe intelligent parfois, ça lui arrive de ne pas recopier exactement mais, comme ça fait du sens, si on ne vérifie pas l’original, on peut s’y laisser prendre.

Et la bonne nouvelle dans tout cela ?

On a retrouvé Doudou. Cher-et-Tendre est monté paniqué ce matin me déranger en pleine conversation visio parce qu’il pensait que Doudou s’était fait la malle par la fenêtre de la chambre de Petit d’Homme – chambre dont la porte avait malencontreusement été laissée ouverte quelques minutes le temps que Cher-et-Tendre s’occupe des lessives. Vu comment il en a marre de nous, Doudou, en ce moment, c’était plausible.

En redescendant entre deux calls remonter le moral de mes deux hommes, je pose innocemment la question des endroits où ils l’avaient cherché, parce que il s’isole beaucoup, Doudou, en ce moment aussi bizarre pour lui que pour nous. Ils n’avaient pas vérifié partout.

Doudou était bien tranquille bien planqué et en 45 secondes tout était rentré dans l’ordre dans la maison.

Alors, qui la porte, la charge mentale, chez vous ?

Photo by Sincerely Media on Unsplash

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