L’année prochaine

L'année prochaine
Je vous ai interpellé avec ce titre, non ?

Quand on a déjà du mal à se projeter à dans 3 semaines, il est bizarre de se projeter dans l’année prochaine. Je parle de l’année scolaire, pas déjà de 2021, même si j’ai étrangement hâte que 2020 se termine.

On parle beaucoup des changements physiques de la vie de parents – on sort moins, on est plus fatigués, etc. – sans parler des changements physiologiques post-grossesse, mais ça, les tabous et ma pudeur naturelle m’empêchent d’en parler -, mais finalement assez peu des changements psychologiques. Or ils sont tout aussi importants, voire plus. Donc quand on est parents, on compte en année scolaire. L’année civile n’a plus aucune importance.

Parce qu’en fait, la parentalité prend tout l’espace. Un peu comme si dans nos têtes c’était confinement tout le temps, avec cohabitation privée / pro permanente. Ce qui n’est pas le cas quand on n’a pas d’enfant. Enfin je crois, même si je n’ai que Cher-et-Tendre et moi comme points de repères. Biais d’ancrage ?

La scolarité de Petit d’Homme

Le confinement est arrivé au pire moment pour nous concernant la scolarité de Petit d’Homme, parce qu’on était en plein process de candidature pour le changer d’école. Oui, ceux qui me connaissent depuis longtemps vont tomber de leur chaise, après avoir été la grande défenderesse de l’école publique, l’étendard de l’Education Nationale, la passionaria de l’égalité des chances, j’ai cédé aux appels des sirènes de l’école privée. Que ceux qui n’ont jamais changé d’avis me traitent d’imbécile. Mais les raisons sont nombreuses, conjoncturelles, et sans aucun doute trop polémiques pour être débattues sur un espace public.

En revanche, les affres parentales de l’anxiété provoquée par un arrêt sur images intempestif d’un processus qu’on imaginait long et tortueux déjà en temps normal me paraissent relever complètement de cette chronique.

Voilà donc 4 semaines que je relance avec un minimum de subtilité l’administration de l’école que nous visions pour passer l’entretien par visioconférence. Un email de soutien par ici, un de rappel par là, j’ai appliqué à notre objectif mes pratiques éprouvées de marketing relationnel. Ni trop, ni trop peu, enfin j’espérais. Cet équilibre est toujours délicat, et le manque de réponses peu encourageant. Tiens, ça me donne une idée pour le billet de demain sur la chronique pro, l’équilibre… Mais je digresse.

Le dernier email – de rappel – datait de ce matin. Et à 15h aujourd’hui, j’ai eu un appel du directeur pour m’annoncer que Petit d’Homme était inscrit. Pas pour prendre un rdv en visio, pas pour nous poser des questions que j’imaginais très personnelles sur notre motivation, pas pour demander plus de notes de Petit d’Homme ou savoir s’il ne confondait pas les rectangles et les triangles, juste pour me rassurer et me dire qu’il était inscrit. Je tiens ma bonne nouvelle du jour…

Donc on ne sait pas comment la fin de cette année – scolaire toujours – va se passer, pendant combien de temps on va devoir continuer à pratiquer la télé-école, mais on sait qu’il change d’établissement l’année prochaine. Le niveau de soulagement ressenti m’a fait comprendre à quel point c’était important en fait. On a beau pratiquer le lâcher-prise de façon intensive depuis le début du confinement, c’est plus dur sur certains sujets que sur d’autres… Parce qu’on n’a pas envie d’être confrontés au fait qu’on ne peut pas tout maîtriser pour nos enfants.

Déjà que je passe mon temps à dire à Petit d’Homme de ne pas courir dans l’appartement parce que c’est pas le moment d’aller aux Urgences…

Photo by Deleece Cook on Unsplash

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