Surréaliste…

L'année prochaine
Je vous avais dit avoir une visio conférence hier soir avec la directrice de l'école...

La situation est complètement ubuesque.

Hier soir, donc, à 19h, la directrice de l’école élémentaire de Petit d’Homme avait invité tous les parents d’élèves de l’école à un Zoom géant, sans vidéo pour ne pas surcharger la bande passante, pour nous expliquer la reprise de l’école la semaine prochaine.

Des tableaux Excel incompréhensibles

Même si elle avait envoyé quelques heures avant une note explicative, un tableau récapitulatif, et les documents de la mairie, elle avait pensé utile et nécessaire de répondre à nos questions. Elle n’avait pas tort.

À la réception du tableau Excel, j’étais un peu perdue. Pourtant, je pense faire partie de ces parents qui manient bien l’outil. Mais Excel fait partie de ces outils qui, entre de mauvaises mains, deviennent complètement dévoyés. Il faut dire qu’en plus la situation est complexe. Plusieurs enseignants ne peuvent pas reprendre. Il y a des classes prioritaires, des enfants prioritaires par rapport à la situation professionnelle de leurs parents, et des enfants prioritaires par rapport au décrochage ou fracture numérique et/ou sociale – elle les a appelés « décrocheurs », pas fracture numérique et/ou sociale. Même si elle a parlé de manque de connexion. Pour ces 2 types d’enfants (parents prioritaires et enfants prioritaires, donc), « garderie ». Avec accompagnement aux devoirs si l’enseignant leur en donne à distance. Ça fait des lignes en plus dans le tableau Excel. Ça s’appelle « Étude » comme au bon vieux temps.

Tout est complexe

Donc la semaine du 11 mai, pas de reprise avant le jeudi 14, déjà. Sauf pour 1 classe. De CP. Pour les CM2, ils viendront 2 jours chacun sur les 2 prochaines semaines, puisqu’il n’y a que 2 jours semaine prochaine et deux semaine suivante à cause du pont de l’Ascension. Et qu’à 15 maximum par classe, ils ne viendront que la moitié de ces 4 jours. Et que les groupes G1 et G2 ne sont pas encore fait, puisque les parents doivent d’abord dire s’ils envoient leurs enfants à l’école ou pas.

Pour les CE1, CE2, et CM1, ils ne reprendront que le lundi 25 mai. On ne sait pas si le maître de Petit d’Homme sera là. Un remplaçant a été demandé, comme pour les 2 autres enseignants absents de l’école – sur les 7 de l’école, dont la directrice, 3 manquants donc.

Quand j’ai demandé si on aurait les exercices à faire à la maison si on choisissait de ne pas envoyer les enfants à l’école, on m’a répondu non. Parce que faire classe et envoyer 4 lignes sur une application pour lister les exercices, apparemment, c’est compliqué. Il va falloir qu’on m’explique. La continuité pédagogique est censée être assurée avec le remplaçant, donc les exercices seront envoyés par le maître au remplaçant. Mais faire un copier coller dans Klassroom, apparemment, c’est trop leur demander.

Ce n’était même pas le truc le plus dingue

Nous étions facilement 90 couples de parents d’élèves connectés hier soir, et avions accès au chat de Zoom pour demander la parole et poser des questions. Une discussion a vite pris toute la place : la cantine.

À Bordeaux, les services de la mairie sont plutôt bien digitalisés, et la gestion des jours de cantine se fait sur un site, où vous pouvez jusqu’à J-8 enlever un jour si vous savez que votre enfant sera absent. Nous avions reçu un mail automatisé au début du confinement nous prévenant que la cantine ne serait pas facturée pendant le confinement et que nous n’avions pas à nous rendre sur le site tout décocher à la main.

Sauf qu’un parent y a été hier, et s’est rendu compte qu’en fait les repas étaient tous cochés depuis le… 4 mai. L’école n’avait pas encore repris. Nous voilà donc tous connectés à frénétiquement décocher tous les jours possibles, mais pas avant le 15 mai donc, puisque J-8…

Forcément, comme j’étais en train de décocher les jours, j’ai raté une grande partie de la discussion. Surtout que Cher-et-Tendre n’arrêtait pas de parler pour dire « Elle n’est nulle part… ». D’abord, il ne l’a pas à la bonne, la directrice, Cher-et-Tendre, pour tout un tas de raisons presque valables, et un peu d’entêtement quand même. Mais surtout, je crois que les enseignants sur le terrain subissent une pression des institutions qui leur ont donné un tas de consignes, leur ont intimé l’ordre de rouvrir, et leur ont dit ensuite, démerdez-vous. C’est ingérable. Pas de récré. Pas de réfectoire. Cinq minutes par classe à l’arrivée et à la sortie d’école – attention à ne pas être en retard donc, ça va s’étaler de 8h20 à 8h40 rien que les 2 premières semaines, on n’a pas encore les horaires pour la suite. Pas de jeu de contact. Pas d’emprunt de stylo ou de gomme – elle nous a répété au moins 5 fois de bien vérifier les trousses avant la reprise. Et si un enfant tombe malade du Covid, alors toute la classe part en quarantaine. Parce que même si seulement 14 enfants sont avec lui, il y a l’enseignant. Donc pas de classe.

La bonne décision

Je ne regrette pas que Cher-et-Tendre m’ait convaincu de ne pas renvoyer Petit d’Homme à l’école. La directrice nous y a presque incité hier soir d’ailleurs. Certains parents ont évoqué des dissensions – certains en couple, d’autres séparés – sur la décision, et elle a reconnu que même pour elle la décision n’était pas facile à prendre.

Reprenons Excel, donc. Entre le 25 mai et le 3 juillet, il y a 6 semaines, donc 24 jours de classe, 23 si on enlève le lundi de Pentecôte du 1er juin. Donc au maximum, Petit d’Homme rate 12 jours de classe en présentiel, sans pouvoir jouer, en devant manger sur son bureau d’écolier, et avec potentiellement des risques de contamination.

On a pris la bonne décision.

Photo by Deleece Cook on Unsplash

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