C’est un peu le bazar, non ?

Sérieux, ils n'ont que ça à faire, les gens ?

Aujourd’hui c’est coup de gueule parce que c’est le bazar.

Je ne vais plus utiliser chafouine dont on m’a expliqué – avec beaucoup de bienveillance – que l’utilisation du langage courant que j’avais faite n’était pas la signification originelle du terme, mais j’ai très envie.

J’ai été polie dans le titre, c’est le bazar, je dirai même plus, c’est carrément le bordel, non ?

Tout le monde râle

Oui, tout le monde. Les restaurateurs, les assurances, les profs, les pilotes de ligne, les habitants de quartiers défavorisés, les policiers, les politiques de tout bord, les humoristes, les médecins pro-chloroquine, les médecins anti-chloroquine, les Anglais contre Dominic Cummings, Trump contre Twitter et les GAFA en général, les députés contre les gens qui jettent leurs masques par terre, les écolos contre le retour du plastique, les automobilistes contre les pistes cyclables intempestives, les défenseurs des droits des animaux, les universitaires, le monde de la culture… J’en ai certainement oublié, mais en gros, personne n’est content.

C’est un peu la qualité première des Français, je pense, cette capacité à ne jamais être content. Ça a un côté sympathique, aussi, cette volonté de toujours vouloir faire mieux. Mais c’est un peu antinomique avec le vivre ensemble. Parce qu’on ne peut pas tous avoir ce qu’on veut tout le temps – vous aussi vous entendez les Stones quand vous entendez ces mots ? Moi c’est à chaque fois. Je vais l’avoir dans la tête toute la journée.

Ma liberté individuelle s’arrête là où commencent celles des autres

Feu mon papa

Tant qu’on était chacun chez soi, ça allait comme frontière. Là c’est le bordel, donc.

On fait quoi alors ? Le monde d’après est en train de ressembler au pire du monde d’avant et à nos pires cauchemars du monde d’après, non ?

Je sais, j’exagère.

Positivons

Il fait beau, déjà. Même si on ne peut pas se mettre en terrasse encore – on espère très fort pour mardi vu qu’on est en zone verte, on devrait le savoir ce soir après l’intervention du Premier Ministre.

Nous sommes en bonne santé.

Même s’il y a ici et là quelques foyers qui démarrent, la technique du Dépister – Tracer – Isoler a l’air de porter ses fruits, pas de flambée non plus, donc l’hypothétique « deuxième vague » semble de moins en moins probable. Même si en fait on ne sait pas, hein, rien n’est sûr. Mais chaque jour gagné… est un jour gagné.

J’ai perdu la moitié des kilos pris pendant le confinement depuis le début du déconfinement. C’est en bonne voie donc. C’est fou ce que manger moins peut accomplir en fait – non, je ne fais pas plus de sport.

Cher-et-Tendre aussi a perdu la moitié de ce qu’il avait pris. À raison de plusieurs kilomètres de jogging tous les 2 jours. Et en plus il est ravi d’aller courir. Allez comprendre comment fonctionnent les sportifs…

Petit d’Homme est content, parce que… Petit d’Homme n’est pas compliqué. Je lui montre des photos de maisons de vacances, ça lui plaît. Je lui en montre d’autres, ça lui plaît aussi – Cher-et-Tendre est plus difficile sur ce sujet. Il travaille avec Mamie, ça lui plaît. Il travaille avec son père, ça lui plaît. Il ne travaille pas, ça lui plaît aussi. Il est obligé de lire, en fait il trouve ça pas si mal.

C’est quand même le bazar

Mais je pense qu’on va apprendre à vivre avec, comme on a appris à vivre avec tout le reste : masque, gel, distances sociales…

Je pense qu’on est dans le monde d’entre-deux, en fait, pas le monde d’après encore. On se cherche. On a mal à notre croissance. On fait notre crise d’adolescence. On teste l’autorité sous toutes ses formes. On revendique notre individualité haut et fort.

La question qui reste en suspens, donc, c’est combien de temps il va nous falloir pour devenir adulte…

Photo by Andre Hunter on Unsplash

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