10 femmes

C'est fatiguant...

Hier soir, j’ai eu l’immense privilège de participer à un afterwork sur le Discord du Digital Pour Tous. Ces conversations audio, intimes presque, non enregistrées, font partie de mes rituels du mercredi soir depuis un moment, mais hier soir c’était particulier : je faisais partie des speakers. C’était d’autant plus particulier que parmi les 10 speakers, nous étions toutes… oui, toutes, parce que toutes des femmes. L’animateur hors pair reste le génial PPC, mais toutes ses invitées étaient des femmes.

PPC a souvent invité des femmes, comme Isabelle Rouhan et Clara-Doïna Schmelck pour leur livre sur les métiers du futur, Marjolaine Grondin de Jam, ou encore la semaine dernière Maryline Perenet de Digit’Owl. Donc pour lui ce n’était pas un épiphénomène. Et pourtant, la toile s’est emballée. Et j’ai réalisé qu’en fait, c’était une véritable exception, ces regards croisés de 10 femmes pourtant chacune légitime sur leur connaissance et pratique du digital (sans fausse modestie de ma part).

C’est fatiguant

J’ai passé un merveilleux moment. J’ai trouvé les échanges passionnants. La qualité des questions est restée comme toujours de haut vol dans l’audience de #BonjourPPC. Mais on s’est rappelé, au début, au milieu et à la fin, que ce panel était exclusivement féminin – et que c’est extrêmement rare. Et ça ne devrait pas.

Ça va très loin. Pour sourcer les images qui illustrent ce blog, j’utilise régulièrement Unsplash. Et quand j’ai cherché « girl boss » pour illustrer cet article (le « woman power » ne me donnant que des photos de manifestations peu parlantes pour illustrer mon sujet), j’ai trouvé l’image choisie, certes, mais aussi des images de mots écrits en lettres de Scrabble – photos que j’affectionne presqu’autant que celles de machines à écrire – avec « We are engaged » et « We are having a baby ». C’est bien connu, une femme ne se sent forte que si elle a un compagnon et devient maman, n’est-ce pas ? Sans parler des photos de carnets de notes rose bonbon négligemment posés à côté d’un ordinateur… Grrrrr…..

Billet d’humeur donc

Mes billets d’humeur sont de plus en plus nombreux, le quotidien du déconfinement ressemblant de plus en plus à la vie normale d’avant, masque et gel hydro alcoolique en plus, événements de grande ampleur en moins.

Et le sujet de la parité n’est pas nouveau dans ma voix. Si vous écoutez le podcast en plus de lire le blog, vous avez certainement découvert l’épisode 33 sur la Une du Parisien qui avait tant fait coulé d’encre.

Au cas où, je vous le remets ici :

Il faudrait donc que ça change. Les lobbys féministes, dont l’un des plus proéminents autour de mes métiers, Digital Ladies and Allies, fête ses 2 ans aujourd’hui, n’ont pas encore vraiment réussi à changer les choses de façon visible, parce qu’on part de très loin. Les vieux réflexes de mettre en couverture – et dans la lumière – des quinquas voire sexagénaires, mâles, blancs (et sans doute hétéros) perdurent.

La seule façon de changer profondément les choses est dans nos mains. L’éducation de nos fils. Certes, cela fait de nous la génération sacrifiée. Encore une. Mais c’est plus long, beaucoup plus long, que ce que pensaient nos mamans…

J’étais très fière de la réaction de Petit d’Homme quand il a découvert que dans la Grèce Antique, les femmes n’avaient pas le droit d’apprendre à écrire – grâce à La Cabane Magique (une reco de maman à maman si vos enfants ont entre 7 et 12 ans). Sa réaction ? « Mais c’est débile maman ! ».

Je t’aime mon fils.

Photo by Markus Winkler on Unsplash

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