La tête dans les étoiles

Il faut continuer de rêver, non ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ces derniers temps, les plateformes de streaming nous inondent de séries et autres docu-fictions sur la conquête spatiale.

La liste est longue

J’ai commencé par For all mankind, sur Apple TV+. Une uchronie dont le point de départ est que les Russes seraient arrivés avant les Américains sur la Lune, et que dès leur deuxième voyage (aux Russes), ils auraient envoyé… une femme. Donc une inclusion incroyable des femmes à la conquête spatiale y compris aux US, la mise en place d’une base sur la Lune… Assez réjouissant pour la féministe femme que je suis.

J’ai enchâiné avec Away, sur Netflix, dans laquelle jouent deux de mes acteurs préférés, Hilary Swank et Josh Charles. Cette fois, il s’agit d’aller sur Mars. Un équipage international, des soucis techniques, une séparation de 3 ans d’avec ses proches… Bien réalisé, propre, un peu de pathos mais pas trop, bref, agréable.

Je suis à présent en train de regarder le docu-fiction Mars, toujours sur Netflix. Une espèce d’ode à la conquête spatiale et à la colonisation de Mars, avec en documentaire Elon Musk et les autres passionnés du sujet martien, et en fiction un faux Elon Musk à l’accent français qui cherche à tout prix à maintenir la minuscule colonie sur Mars quel qu’en soit le prix. Le prix étant dans ce cas à la fois monétaire et humain.

Pourquoi maintenant ?

Je ne suis pas sure des raisons qui ont poussé toutes ces plateformes à lancer quasiment en même temps. Sans doute entre autres le fait que entre SpaceX de Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos, le temps de la fiction sur le sujet est compté…

Mais je crois que je sais pourquoi je ne regarde plus que ces séries depuis quelques temps. C’est parce qu’elles parlent toutes d’explorer l’inconnu. Elles maintiennent qu’on ne sait pas tout. Elles évaluent le risque pour la vie d’une personne à l’aune des progrès que cela peut permettre pour l’humanité toute entière. Elles reposent donc la question du coût d’une vie avec laquelle on se débat – quand on a l’honnêteté de se la poser – depuis plusieurs mois. Elles obligent à se poser des questions fortes.

Il y a aussi sans doute un peu de projection dans le confinement subi par toutes ces équipes : dans les vaisseaux en transit, sur des terres hostiles soit-elles lunaires ou martiennes, entre eux… Dans certains cas le confinement a même des effets tragiques, dans Mars, en particulier. Nous ne sommes pas tous égaux face aux stress psychologiques qu’engendrent de longues périodes enfermés avec les mêmes personnes dans un petit espace…

On ne sait pas

Je suis de nature et de formation scientifique, mais je n’ai jamais envisagé une carrière en astrophysique ou en tant qu’astronaute. J’ai un vertige carabiné – une peur du vide qui me fait retenir mon souffle à chaque sortie des astronautes dans les séries, c’est dire… Mais j’ai toujours adoré l’idée que l’être humain pouvait y aller, dans l’espace.

Je suis fan de la première heure de Star Trek (RIP Leonard Nimoy, encore et toujours). J’ai dévoré tous les Bradbury. J’ai regardé The Expanse et même The 100 alors que je ne suis pas dans le coeur de cible. Bref, je suis fan des voyages dans l’espace. Mais le plus souvent, c’est le côté exploration, « to boldly go where no man has gone before », repousser les limites du savoir, des certitudes, de l’humanité toute entière…

Donc je crois que c’est assez salutaire, en ce moment, ces séries où on ne sait pas. Tout peut arriver. On ne peut pas tout prévoir. Les certitudes n’existent pas. Il faut sans cesse ré-évaluer ce qu’on croit savoir à l’aune de nouvelles informations. Ça ne vous rappelle rien ?

D’utilité publique ?

Je me dis même que, si l’être humain est encore capable de produire du divertissement qui remet au centre ces sujets essentiels de l’exploration, de l’incertitude, et du sacrifice, alors il y a un espoir que #lesGens qu’on voit dans les medias à longueur de journée invectiver ceux qui ne sont pas d’accord avec eux sans même les écouter ne sont pas l’avenir de l’humanité.

Et en ce moment, on a besoin d’espoir, non ?

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Photo by JJ Shev on Unsplash