Dernier de la classe

popcorn
Enfin pas tout à fait, il reste la Belgique derrière.

Avec tous ces rebondissements outre-Atlantique, on aurait presque perdu de vue la situation ici. Alors que franchement, il y a de quoi s’inquiéter encore plus…

Côté enseignement

C’est le bordel. Les protocoles sont a minima insuffisants, au pire inexistants, et à peu près tout entre les 2 selon les établissements. Résultat des courses, grève mardi 10 novembre. Même le lycée de l’établissement de Petit d’Homme (qui est encore en primaire) a des profs en grève, c’est dire si la grogne monte…

Les chefs d’établissement quant à eux naviguent à vue, avec des enseignants peu équipés – et pas de prise en charge ou peu par l’Education Nationale, des élèves en risque de décrochage au vu des inégalités que le distanciel va créer – taille d’appartement, équipement informatique, connexion, et j’en passe, et des injonctions sinon contradictoires, à tout le moins difficiles à suivre.

Côté santé

Y’a pas d’autre mot, c’est la cata. La grosse cata. Tous les indicateurs sont au rouge écarlate, la France passe du milieu de peloton à la place du cancre, enfin pas tout à fait, la Belgique fait pire rapporté au nombre de morts par habitants. Pour l’instant.

Les hôpitaux sont débordés, les soignants exténués, les experts désabusés. On ne sait pas plus quoi faire, mais on le dit de plus en plus fort. Tout le monde a une opinion.

Et l’annonce de Pfizer apparaît donc comme la lumière au bout du tunnel. Avec les mêmes sceptiques, voire d’autres, qui sortent des chiffres prouvant soit disant que le vaccin contre la grippe augmente la mortalité face au Covid19. Corrélation n’est pas causalité, on ne le dira jamais assez. Mais le réel sujet n’est pas tant la crédibilité de l’efficacité du vaccin que la logistique de sa production d’abord, de sa distribution ensuite, de son administration enfin. Les files d’attentes aux laboratoires pour les tests ne me rassurent pas sur la capacité de la France à organiser une campagne nationale de vaccination de façon rapide et ordonnée.

Côté économie

C’est plus que la cata, c’est l’apocalypse. Avec un coupable désigné, Amazon, bouc-émissaire bien pratique pour ne pas pointer du doigt le vrai problème : le manque de marges de manoeuvre d’entreprises exsangues, et le manque de transformation digitale de la société française dans son ensemble.

Parce que si on connaît un peu le commerce en général, on se souvient que le commerce de proximité a commencé sa lente agonie depuis longtemps, poussé dans les orties par le développement des centres commerciaux et la désertification des centre-villes devenus trop chers pour la majorité.

Parce que si on connaît un peu le digital, on est conscient que la France est à la traîne sur un grand nombre d’aspects, de la fracture numérique des territoires au manque d’éducation sur le sujet.

Parce que si on se souvient du monde d’avant 2020, on se rappelle que les commerçants avaient déjà été fragilisés par les Gilets Jaunes à l’hiver 2018, puis dans une moindre mesure par une grève des transports à l’hiver 2019.

Parce que si on connaît un peu l’ecommerce, on se rend compte que si Amazon est leader, il est loin d’être le seul ecommerçant utilisé par les Français, et que juste derrière on trouve CDiscount (français), la Fnac (français), et plein d’autres.

Tous ces effets cumulés aboutissent donc à des commerçants de proximité peu rentables, déjà fragiles, qui sont incapables souvent tant philosophiquement que financièrement de se réinventer pour survivre.

Côté perso

On n’est pas à plaindre. Petit d’Homme va à l’école. Cher-et-Tendre a dû écouter mon épisode sur la charge mentale et prend en charge les devoirs avec compétence sinon enthousiasme. Et je passe mes journées en visio ou call, à jongler entre clients, étudiants, et autres volontariats qui se reconnaîtront.

Contrairement au confinement, nous ne sommes pas rythmés par les repas à heure fixe de Petit d’Homme pour le déjeuner, et donc nous sautons souvent ce repas. Ou plutôt, je me nourris de popcorn devant mes visios – même pas Netflix – pendant que Cher-et-Tendre grignote noix de cajou et chips. Les kilos du confinement avaient été faciles à perdre parce qu’on avait mangé beaucoup. Ceux de ce confinement nouveau seront plus installés car de la mauvaise graisse.

Oui, je sais, c’est pas ça le problème. Mais laissez moi m’inquiéter d’un truc que j’ai le sentiment de pouvoir maîtriser. Vous avez pas lu / écouté le billet ou quoi ?

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Photo by Yulia Khlebnikova on Unsplash