C’est la faute à la météo

deux personnes sous un parapluie en ville
En fait, j'en sais rien. Mais eux non plus.

Mais bon, il n’y a pas que ça quand même ?

Déresponsabilisation

Depuis le début de l’épidémie, je suis fatiguée. Fatiguée qu’on nous déresponsabilise en permanence. Mais pas dans le sens utilisé par certains qui trouvent que le gouvernement se mêle de ce qui ne le regarde pas. Dans le sens qu’on nous dit jamais que c’est de notre faute, tout ça.

Je m’étonnais déjà pendant le premier confinement qu’Edouard Philippe ou le président félicitent les Français à chaque allocution. Franchement, on ne mérite aucune félicitation (oui je dis on, je me mets dedans, même si j’estime respecter un peu mieux que les autres).

On enlève nos masques à la moindre occasion. On surfe sur la ligne jaune, parfois rouge, pour faire ce qu’on a envie de faire. On fait des courses « non essentielles ». On prend les transports en commun. On utilise moins de gel hydro-alcoolique (il faut dire que ça détruit les mains, ce truc). Bref, on fatigue de tout.

Et cela, c’est sans compter les extrêmes : les fêtards, surtout, et bien sûr ceux qui ne changent jamais de masque (on avait dit 4 heures, pourtant, non ?). On n’en parle pas assez, je trouve, et pourtant j’en connais…

À présent la météo

Et donc pour ne pas heurter les sensibilités fragiles de nos compatriotes qui préfèrent que les efforts soient faits par le voisin, parce que eux ils ont de bonnes raisons de ne pas pouvoir suivre les recommandations, donc c’est pas pareil, on blâme à présent la météo à longueur de JT.

En bon égocentrique occidental, on oublie que la pandémie est mondiale. Et que entre mars et Juin, dans le monde, c’était pas le printemps partout. Pourtant, c’était bien le bordel partout, non ?

Alors je ne dis pas que la météo n’a pas une petite influence. À ce stade, tout a une influence et le calcul des proportions doit être un des problèmes mathématiques les plus épineux qui soient. Mais pourquoi on ne dit pas clairement que c’est la faute à Mme Michu qui tient à profiter de ses petits-enfants ? La faute à Mr Tartanpion qui refuse de payer pour des masques et utilise toujours le même (ou peut-être que c’est trop cher et que son employeur ne les lui fournit pas, d’ailleurs ?) ? La faute à Mme Michel qui a peur que ses salariés ne bossent pas en télétravail et leur impose de venir en présentiel 3 jours par semaine ? La faute à…

Enfin vous voyez où je veux en venir.

J’en deviens mauvaise

Pour les égocentristes patentés que nous sommes, je trouve qu’on voit trop la paille dans l’oeil du voisin et pas assez la poutre etc. C’est pas qu’on manque de miroir ni de temps pour se regarder dedans, d’ailleurs…

Je me dis que la seule façon pour que tout le monde comprenne c’est finalement qu’on ait la troisième puis la quatrième vague (parce qu’en plus les mêmes qui ne changent pas de masque n’iront pas se faire vacciner, je parie), et qu’au final le nombre de morts, sanitaires ou économiques, explosent. Et puis je me rappelle que c’est Petit d’Homme qui va devoir payer un jour et je m’en veux.

Parce que soyons honnêtes, la troisième vague aura lieu. Entre le 10 et le 20 janvier, très exactement. Le 7 ils vont nous dire qu’ils attendent. Le 15 qu’ils referment des trucs en attendant le vaccin. Et sans le rendre obligatoire, ils vont avoir sans doute des conditions collectives, sur le vaccin.

Vas-y toi ? Ben non, toi d’abord… dira-t-on à ce moment-là, donc.

Sauf s’ils disent un truc du genre « on rouvrira les bars et les terrasses des cafés quand 50% de la population sera vaccinée ».

Alors là, je serai peut-être pas la seule à vouloir passer dans les premiers.

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Photo by Kyler Boone on Unsplash