Shondaland

Affiche de Bridgerton, la série Netflix de Shondaland
Matrixisation, quand tu nous tiens...

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’annonce du variant anglais 50 à 75% plus contagieux a coïncidé avec l’annonce du début de la vaccination dans certains pays dont les autorités de santé valident le plus rapidement les vaccins (pas nous, qui devons attendre non pas une mais 2 autorités de santé, européenne puis française, avec la lenteur qu’on connaît à la française, empêtré qu’on est dans notre technocratie).

Ça m’avait frappé

Sur le moment, je m’étais fait la réflexion que c’était digne d’un rebondissement de série. Un mauvais rebondissement, parce qu’un peu téléphoné, mais qu’une bonne série ou showrunneuse comme Shonda Rimes pourrait nous faire avaler en milieu de saison juste avant la pause hivernale.

Et j’ai de plus en plus l’impression qu’on vit dans une série. Pas exactement du niveau de Shonda ou de son univers Shondaland (cf. le prochain paragraphe plus léger de cette chronique qui commence de façon un peu déprimante), mais une de ces mauvaises séries qui enchaînent épisodes bourrés d’intrigues et épisodes lents. Qui ne ferment pas tous les arcs narratifs. Qui met sur le devant de la scène des personnages qu’on adule pour les villipender ensuite, quand elle ne les élimine pas complètement sans explication aucune. Bref, on vit dans la matrice, ou tout du moins dans une matrice, non ?

La dernière de Shonda

Pendant ce temps, Shonda fait ce qu’elle sait faire, des séries.

Petite présentation de Shonda Rimes : noire américaine de Chicago, complètement #GenX (elle est née en 1970), elle se fait connaître avec une série médicale qui dure quand même depuis 17 saisons, et non des moindres, Grey’s Anatomy. Suivent ensuite le premier spin off (Private Practice, pour ceux qui s’en souviennent), Scandal, How to get away with murder, et Station 19, autre spin off de Grey’s Anatomy. Elle a aussi produit For The People, dont je doute que vous ayez entendu parler, même si j’ai personnellement beaucoup apprécié cette série dans le milieu judiciaire qui n’a connu que 2 courtes saisons.

Elle a signé un accord d’exclusivité avec Netflix pour ses nouvelles créations – et celles de sa société de production Shondaland, et on a eu droit pendant les fêtes à la première saison de la première série tournée sous cet accord, Bridgerton. Tirée d’une série de romans de Regency Romance (un genre à part entière qui se lit à peine plus facilement qu’il ne s’écrit, au regard de la quantité de titres disponibles), la série se regarde aisément et m’a personnellement permis de m’évader pendant les fêtes sans avoir recours aux téléfilms de Noël – autre genre très prolifique…

Revenons à la matrice

Je me suis donc évadée à l’époque de la Régence ou assimilée pendant 8 délicieux épisodes d’une légèreté appréciable en ces temps compliqués. Mais force est de constater que ce n’était qu’une parenthèse, et que la réalité nous rattrape de plus en plus vite.

Pas de vaccins, ou plutôt des vaccins mais pas de logistique associée. Un variant anglais qui prolifère de façon incontrôlée partout… sauf en France, parce qu’on n’a pas les moyens de le tracker correctement, vu qu’on ne séquence pas les virus. Une opposition qui fait feu de tout bois et râle pour râler au gré des sondages d’opinion. Une sortie de crise toujours plus lointaine, avec à présent le danger de se faire damer le pion de la reprise économique par ceux qui vaccinent à tour de bras. Rien de réjouissant donc.

Alors je vais retourner voir des séries de Shonda. C’est parfois triste, mais souvent plus intéressant que les joutes verbales organisées sur les plateaux de Pascal Praud ou Eric Brunet, et a minima plus réjouissant à regarder. Tiens, il y en a une que je n’ai pas vue… The Catch. Je vous dirai si c’est bien.

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Photo from Netflix

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