Dystopie ou réalité ?

sablier sur une plage de cailloux
C'est tout la faute de notre rapport au temps, en fait.

Je suis une énorme fan de science-fiction. Sous toutes ses formes. Star Trek Star Wars, dystopies de Hunger Games à Divergent, j’ai même dévoré les très longs tomes de la trilogie chinoise The 3-Body Problem, vous voyez le genre.

Alors forcément

Quand le virus est apparu, comme tout le monde, je me suis dit qu’il allait faire comme les autres (Ebola, H1N1, etc.) et ne pas nous impacter. Puis je me suis rapidement rendue à l’évidence que si, il allait nous impacter – et nous voilà 10 mois presque 11 plus tard. Impactés donc. Percutés, même.

Et depuis, je me demande si ce n’est pas un signe. Non, Cher-et-Tendre n’a pas glissé de champignons hallucinogènes à sa dernière blanquette de veau. Et oui j’en suis sure, parce que Petit d’Homme en mangeait aussi.

Alors je reprends mon raisonnement depuis le début.

L’équilibre planétaire

Depuis plusieurs années, voire décennies, je suis convaincue que le plus gros problème que l’humanité fait peser sur la planète n’est pas le rejet de gaz à effet de serre. Je pense que c’est son nombre de représentants, à l’humanité. Communément appelé « surpopulation », mais très peu discuté, étonnamment, comme cause majeure de déséquilibre. Parce qu’on s’attaque aux symptômes du problème (les gaz à effet de serre, les pesticides, etc.) et pas à la cause originelle.

Je n’ai pas de solution à ce problème central, en tous les cas pas de solution qui soit en accord avec l’éthique communément acceptée dans nos pays occidentaux. Mais je me suis toujours dit qu’un jour, la planète tenterait de résoudre le problème. Et la planète, elle ne s’encombre pas des symptômes. Elle traite la cause.

Une épidémie donc

L’humanité est arrivée à ce nombre hallucinant parce qu’elle n’a pas de prédateurs connus – à part elle-même. Et les micro-organismes. Qui sont plus des parasites que des prédateurs d’ailleurs, si on veut être biologiquement précis.

Donc la limitation du nombre de représentants de l’humanité ne pouvait arriver que par une guerre mondiale terrible – been there, done that. Ou un micro-organisme. Une épidémie nous pendait au nez depuis longtemps en fait.

J’ai déjà eu l’occasion de discuter ici de l’intelligence innée, programmée, du virus, qui mute au moment crucial où l’Homme et la Femme pensaient l’avoir maîtrisé. Et qui s’attaque aux plus faibles d’entre nous sur tous les plans.

Une rapidité dingue

Et même pas un an après la prise en compte du danger, les chiffres sont clairs. Le solde naturel naissance-décès français est négatif pour la première fois depuis la deuxième guerre mondiale. Les chiffres ont été publiés ces derniers jours.

On n’arrive pas à limiter les décès des plus âgés et des plus fragiles, et on ne rassure pas assez les en-âge-de-procréer pour leur donner envie de faire des enfants dans ce monde. Et les Français font plus d’enfants que la majorité des occidentaux…

Le rapport au temps

On a toujours imaginé les épidémies avec du sang, des morts à la minute, une contagiosité visible, une rapidité fulgurante. Dans tous les livres d’anticipation qui ont une épidémie en point de départ, que le virus soit fabriqué comme dans la Mort Blanche de Franck Herbert (un des plus beaux bouquins de l’auteur de Dune, si vous ne l’avez pas encore lu courez en librairie l’acheter) ou naturel comme dans Station Eleven, il y a une mortalité élevée. Une vie normale impossible. Mais nos pires cauchemars ne nous avaient pas préparé à ce qui nous arrive.

C’est sans doute parce qu’on projette dans l’avenir notre propre rapport au temps. Notre individualité nous empêche de voir le temps à l’échelle de l’espèce. On ne le conçoit, pour la majorité d’entre nous, qu’à l’échelle de notre vie. C’est bien pour cela qu’on se bat pour qu’elle dure le plus longtemps possible, notre vie, et je ne vais pas rouvrir ici les débats désagréables qui ont enfin commencé à pointer timidement le nez sur les plateaux télé.

La planète, le virus, ils n’ont pas notre rapport au temps. Ils ont tout le temps du monde. Si ça leur prend des milliers d’années pour nous épuiser, ça ne les dérange pas.

Dans notre quotidien où on change de vidéo avant qu’elle ne se termine sur un réseau où elles sont limitées à 1 minute, ça fait bizarre.

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Photo by Aron Visuals on Unsplash