Et quelle sauce avec ça ?

Fille qui presse ketchup et moutarde sur des frites (et qui tire la langue)
J'ai trouvé ça plus drôle comme titre que "à quelle sauce" tout bêtement. Vous saisissez l'idée.

Jeudi 1er avril 2021. 379 jours après #ConfinementSaison1.

La troisième saison est plus chaotique, moins lisible que la première et même la deuxième.

On a perdu au fil des épisodes des personnages attachants ou agaçants mais qu’on aimait détester, sans vraiment gagner au change.

On trouve les seconds rôles récurrents un peu manichéens et peu travaillés en nuances.

On est presqu’aussi perdus que dans la dernière saison de Lost, mais au moins on savait que c’était la dernière. Là, on doute.

Poissons

Vous avez remarqué que le président parle un mercredi ? J’ai espéré un instant que mon article sur le jeudi l’ait convaincu, mais je me suis vite rendue compte que jeudi 1er avril, c’est pas une bonne date pour une allocution présidentielle.

J’ai consciemment décidé d’écrire ce billet avant l’allocution présidentielle. Histoire de ne pas réagir à chaud. Il y a Twitter pour cela. Enfin hier soir, j’ai dû faire en parallèle un live-tweet et un live-SMS à Cher-et-Tendre, dans le train de retour de Paris à l’heure officielle. De la haute-voltige de copier-coller, heureusement qu’il y a les iMessages sur Mac. Ben oui, je l’ai fait du desktop, à 20h, on est à la maison, donc pas de raison d’être sur le mobile avec son petit clavier et ses commandes de copier-coller minuscules. C’est bien qu’elles existent, mais le pomme C pomme V, c’est quand même encore plus rapide.

On parle d’autre chose ?

Sauf que c’est compliqué, dans une chronique du confinement et déconfinement – et reconfinement et couvre-feu et peut-être re-reconfinement – de ne pas parler des annonces et des mesures.

Sauf que j’en ai marre des annonces et des mesures. Mais je n’ai pas de solution socialement acceptable autre que les annonces et les mesures.

Je pourrai vous refaire mon laïus sur le fait qu’on ne sait pas si d’autres mesures eussent été meilleures (j’espère que je ne me suis pas trompée de temps, là, mais au pire, ça donnera une raison à ma maman de m’écrire sur autre chose les mesures, le Covid19 et les vaccins, c’est bien aussi). Mais je vous le fais quand même, parce que j’ai trop lu de tweets énervés qui regrettent que le confinement 3 ne soit pas arrivé plus tôt. J’imagine que les commerçants ne sont pas sur Twitter, donc. Parce qu’eux ils doivent quand même être soulagés d’avoir pu tenir un peu plus longtemps, non ?

Les bonnes questions

On est toujours dans le calcul court-termiste des vies d’aujourd’hui, d’ailleurs. Pas une voix qui compte pour oser s’élever sur les conséquences à long-terme sur les vivants non malades de la situation (et nous sommes plus nombreux, non ?). Pas un politique pour assumer des choix différents de priorisation et lancer un débat – apaisé, hein, le débat, pas la foire d’empoigne – sur les autres voies possibles. Pas un journaliste pour poser des questions sur des alternatives viables. Parce que les lits d’hôpitaux, alors qu’on n’a pas les médecins, infirmières et aides-soignants pour s’occuper des malades, ça ne nous avancerait pas à grand chose, et que former des gens, ça prend du temps. Beaucoup de temps, même. Donc regretter le numerus clausus ou le manque d’attractivité de ces professions aujourd’hui ne fait pas avancer le schmilblik. Du tout.

379 jours plus tard, on est tout aussi hébétés, pas beaucoup plus éclairés, énormément plus divisés, et je suis navrée. Navrée qu’on soit un des rares pays à reprocher au gouvernement d’essayer de garder les écoles ouvertes. Parce que si on les avait fermées en Novembre, on aurait eu droit à une levée de boucliers de dingue. Si on les avait fermées en Février, on aurait eu toute l’opposition sur les plateaux télé. Pour dénoncer l’alignement aveugle du président et du gouvernement sur l’Europe.

Bonne journée

En fait, je suis navrée qu’on en soit à une opposition de principe pour crier sur tous les toits qu’on aurait fait mieux sans aucune façon – possible – de le prouver. Aucune situation n’étant comparable, les exemples tirés de tel ou tel pays sont nuls et non avenus. La rapidité de la vaccination en Israël ? Forcément, ils sont moins nombreux, plus disciplinés, rodés à l’obéissance civile puisque tous militaires. Et Bibi jouait son va-tout avant une élection importante. Et pour rappel, ils ont vécu 6 mois de confinement strict avant ces dernières semaines de réouverture. Les bars ouverts à Madrid ? Forcément, ils n’ont pas de dispositif d’aide comme en France parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Donc le gouvernement laisse les commerces ouverts faute de pouvoir les aider. Les nombres de doses au UK et aux US ? Ah. Mince. Celle-là, c’est vrai, c’est de notre faute et c’est comparable.

Finalement, je n’aurai pas parlé des mesures mais j’aurai parlé du sujet. Difficile de faire autrement. On se la joue à chaque fois en attendant Godot, un peu, non ?

Mais c’était ça ou encore un appel à voter pour moi aux Awards Podcastéo. Deadline samedi 23h59. #VotezPourMoi

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