On marche sur la tête

Aujourd'hui, c'est à nouveau coup de gueule, de plus en plus fréquent, non ? 

Ça doit être le manque de sommeil qui me met à cran. Mais là j’avoue que ça me rend de plus en plus dingue. On marche sur la tête.

Jeter des doses…

… reste un sport national. Ce week-end, à Nice, 50 personnes avaient rendez-vous pour une livraison de 5000 doses de vaccin. AstraZeneca, bien sûr. Réservé au personnel prioritaire. Qui vont sans doute râler de ne pas être vaccinés, et pourquoi pas exercer aussi leur droit de retrait à la reprise des cours, puisqu’on parle entre autres des enseignants. Qui n’hésitent pourtant sans doute pas à prendre du Doliprane ou la pilule, qui ont le même type d’effets secondaires et encore, moins rares !

On marche sur la tête, vraiment.

Mais c’est pas le pire

Le pire, c’est notre manque de séquençage génomique des variants.

Si vous ne me connaissez pas, ou pas bien, vous ignorez dans doute que j’ai une formation initiale en biochimie et biologie moléculaire. Bref, dans mes années d’étude, j’ai séquencé de l’ADN, quoi. Ce qui n’est pas évident à deviner dans mes écrits ici ou de marketing.

À l’époque (il y a donc très, très longtemps, mon dernier séquençage remonte à 1994), la France et ses scientifiques n’étaient vraiment pas mauvais sur le sujet. Pas pire en tous cas, dans mon souvenir, peut-être un peu romancé et idéalisé après toutes ces années, remarquez.

On ne séquence pas

On marche sur la tête.

On impose une quarantaine aux arrivants de certains pays – Brésil et aux alentours -, mais on ne suit pas les évolutions sur le territoire du variant concerné, qui est quand même apparemment très virulent et peut-être déjà en goguette dans nos contrées.

On ne traque pas non plus le variant indien, qui est semble-t-il le prochain à faire très mal et à potentiellement résister aux vaccins.

Enfin, on n’est pas à l’abri d’un variant bien de chez nous. On a eu le variant breton, déjà.

Aparté

Je fais un aparté sur le variant breton. On parle de variant anglais, certes, mais le mot « anglais » est parfois utilisé à tort comme équivalent à britannique. Nous, on n’a pas fait de variant français, on a fait un variant breton. De là à ce que les variants corse et basque revendiquent d’être plus forts…

On marche sur la tête donc

On ne vaccine pas. On ne séquence pas. On ne ferme pas les frontières ou si peu. On ne vérifie pas les quarantaines imposées ou mollement. On n’impose pas de tests PCR à l’arrivée au bout de 7 jours, en fait, jamais.

Mais on veut que tout rouvre, écoles, terrasses, lieux culturels et j’en passe.

#LesGens veulent le beurre, l’argent du beurre, le sourire de la crémière, et trouvent quand même que c’est trop cher ou trop lent. Ils m’énervent à un point, #LesGens…

Parce que j’y tiens, à mon verre en terrasse à refaire le monde. D’abord parce qu’il faut arrêter cette polarisation délétère et se poser à nouveau des questions plutôt qu’asséner des réponses. Il faut écouter plutôt que de parler plus fort que l’autre.

Ensuite parce que je fais partie des (nombreuses) personnes qui vont vivre un deuxième anniversaire sans fête, sans restaurant, sans bar, sans peut-être même de boutiques ouvertes pour flâner et négligemment commenter – devant Cher-et-Tendre – qu’il est pas mal, ce petit sac dans la vitrine…

Il me reste 2 ans et quelques semaines avant mes 50 ans. Vous pensez qu’en 2023 j’aurai un anniversaire « normal » ?

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Photo by Florian Gagnepain on Unsplash