J-21 ?

Chaises retournées sur une table sur une terrasse fermée
Avant ou après le week-end de l'Ascension ?

L’an dernier, on avait déconfiné au 11 mai. Il semble que le gouvernement respecte notre sens des habitudes et prévoit de nous déconfiner à nouveau à peu près à la même date, entre le 10 et le 17 mai.

Le week-end de tous les dangers

Sauf qu’entre le 10 et le 17 mai, il y a le weekend de l’Ascension. 4 jours sans école, dans une année qui compte les longs week-ends sur les doigts d’une seule main – pour rappel, 1er mai, 8 mai et 15 août tombent des week-ends, et le 14 juillet un mercredi, ce qui ne facilite pas le viaduc. Depuis que le lundi de Pentecôte est devenu RTT et non férié pour cause de solidarité envers nos anciens, on a perdu le seul autre jour de la semaine férié quelle que soit l’année et les hasards du calendrier….

Donc quand les « fuites » savamment orchestrées – parce qu’il ne faut pas s’y méprendre, elles sont savamment orchestrées – laissent entendre qu’on sort « mi-Mai », ce flou artistique met dans la balance le seul vrai long week-end des beaux jours. Donc la seule vraie opportunité pour ceux avec enfants scolarisés, soit une grande partie de la population française, de partir quelques jours consommer en touriste, staycation ou plus lointaine, dans les hôtels, restaurants et autres lieux culturels de notre beau pays.

Sans compter qu’on est tous crevés, et que partir se mettre au vert quelques jours ne ferait de mal ni à Cher-et-Tendre, ni à Petit d’Homme, ni à moi. Mais sans l’ouverture des restaus – et des terrasses !!! – on ne partira pas.

Le temps (est) long

J’ai souvent écrit ici que le virus s’inscrivait sur le temps long. J’ai moins commenté à quel point le temps paraît long. Ce qui est paradoxal, parce que je suis fatiguée comme si je n’avais pas pris de vacances depuis 1 an, alors que je me suis arrêtée 2 semaines cet hiver. Mais sans soleil, dépaysement, famille, sorties, amis, en fait, ça compte pour moitié. Voire tiers. Il m’aurait donc fallu 4 à 6 semaines à ce régime là pour recharger les batteries de la même façon.

Et dans le même temps, le manque de frontière pro-perso rend le temps horriblement court aussi. Sans compter qu’à présent, Petit d’Homme pousse la porte de mon bureau sans se préoccuper de mon niveau d’occupation. Me parle sans vérifier si je suis en call ou visio ou même juste concentrée sur autre chose.

Le poids du Home Office

Moi qui travaillais déjà en partie de la maison avant toute cette histoire, je pensais être immune à cette perversion insidieuse que vivent certains de mes amis. Mais non. Parce qu’avant, j’allais chez mes clients. Je voyageais, même, avec des temps de respiration (train, hôtel, transports en commun…). Je donnais mes cours en « présentiel », donc j’avais non seulement de réelles interactions avec les étudiants, mais aussi 20 minutes de marche aller et retour pour m’aérer la tête. Et quand je travaillais de la maison, c’était donc à petites doses, et compréhensible pour mon entourage.

Aux dernières vacances, on n’était pas dans la même situation. A la Toussaint, on s’était évadé quelques jours et on avait reçu un peu, donc Petit d’Homme était occupé. À Noël, j’étais off. En Février, on avait passé quelques jours à Paris, Petit d’Homme avec son père, son parrain, sa grand-mère, et moi chez mes clients. Mais là… c’est tous les 3 à la maison non stop, pas de devoirs parce que la maîtresse n’a laissé que la semaine de télé-école, et moi qui bosse sans arrêt sans que personne ne réalise – ou n’accepte – que c’est du boulot.

Hâte de la reprise

J’ai donc hâte que Petit d’Homme ne parte à l’école lundi matin. J’étais éminemment soulagée d’apprendre que la reprise n’était pas remise en cause par le plateau haut que nous traversons au niveau des chiffres, d’ailleurs. C’est autant d’heures d’occupation pour lui et de tranquillité pour moi.

Mère indigne ? Que celle qui n’a jamais télé-travaillé me jette la première pierre (le caillou, hein, pas le prénom d’antan).

J’ai hâte que les boutiques rouvrent pour occuper Cher-et-Tendre qui adore faire du shopping. Là il tourne en rond et ne peut même pas aller flâner à la Fnac acheter plein de trucs dont on n’a pas besoin mais qu’il va passer plusieurs heures à post-rationaliser.

J’ai hâte que les terrasses rouvrent pour sortir boire une bière avec les hommes de ma vie (enfin Petit d’Homme avec un ice tea ou un jus de pomme, je ne suis pas si indigne que cela) en choisissant de passer du « quality time » ensemble plutôt que de juste cohabiter chacun sur son activité.

Alors J-21, j’y crois. Jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire.

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