I’ll be there for you…

Cause you're there for me too...

Je suis de la génération Friends. Vraiment. J’ai vu le premier épisode, et même deux saisons et demie, dans des chambres universitaires ou des bars aux US – je venais d’avoir 21 ans, heureusement !

Friends, c’était mon rendez-vous du jeudi soir (avant Urgences), dans le line-up de NBC qui avait fait de cette soirée celle des séries à succès – elles ont duré 10 ans chacune, sans changer de jour ou d’heure.

Friends, c’était à la fois l’apprentissage de la langue, l’apprentissage de l’humour américain, l’apprentissage des rituels américains (on ne faisait pas de « date » dans les années 80 en France encore). Bref, Friends, ça a été mon accélération d’intégration, sans compter qu’il était facile de nouer des amitiés autour d’un pitcher de bière pendant un épisode – culture collective, encore et toujours…

The reunion

Le concept de « reunion » (en anglais, attention, sans accent), est un concept très américain. On réunit les protagonistes d’une série, qu’elle soit scriptée (une série écrite par des scénaristes) comme Friends ou non scriptées (de la télé-réalité, quoi) comme Project Runway, et on les fait parler de leur expérience. Sur le non-scripté, c’es souvent un épisode de la saison en cours, juste avant la finale, où on réunit l’ensemble des candidats. Sur le scripté, c’est le cast, parfois les guests, souvent aussi les producteurs et scénaristes.

Ils ont bien essayé le concept avec le Loft, mais ils n’ont pas réuni le cast, ils les ont interviewé séparément (la Covid19 a bon dos vous croyez ?). Pour Friends, c’est bien tous ensemble que les 6 amis se sont retrouvés pour se remémorer leur décennie au top des audiences, américaines, et pas que.

La guerre des plateformes

Depuis l’annonce de l’épisode spécial, je guettais donc les infos sur le diffuseur français qui allait gagner ce droit, parce que contrairement à ce que pourraient laisser penser mes dépenses en plateformes de streaming, je ne suis pas abonnée à toutes. Et comme la tartine tombe toujours du côté beurré, c’est bien entendu sur une plateforme que je n’ai pas qu’il a commencé à être diffusé jeudi soir.

Salto, donc, réussit son gros coup de pub, son produit d’appel que tout le monde veut voir, qui va forcément faire affluer les essayeurs gratuits dont au moins une partie restera ensuite. Je sens que je vais craquer pour être de ceux-là… Mais pas encore.

Cancel culture

Époque oblige, et puisqu’il faut trouver défaut à tout ce qu’on a aimé jadis, j’ai lu ici ou là des critiques de la série. Pas parce qu’elle ne serait pas drôle (chacun son humour, après tout), ou pas crédible (on le sait depuis longtemps), non, parce que certains personnages (pas acteurs, hein, personnages), auraient des comportements inacceptables, comme par exemple le malaise de Ross vis-à-vis de l’homosexualité qu’on a donc classé d’homophobe.

Je vivais à l’époque dans une ville profondément gay-friendly, appelée même la San Francisco de la côte Est, et pas une fois les gays de mes amis ne se sont sentis agressés par le show. Au contraire, Ross était moqué dans la série, sa femme le quitte pour une autre femme, et son malaise est bien montré du doigt – avec bienveillance et tendresse, certes, mais pas encensé du tout. Friends avait justement fait tomber un certain nombre de barrières avec un mariage lesbien, un enfant hors mariage, une mère porteuse…

Mais la période que nous vivons me terrifie, parce qu’on juge tout et n’importe quoi non seulement avec les standards d’aujourd’hui – et non de leur époque – mais surtout parce qu’on prête de mauvaises intentions à tout et tout le monde… C’est fatiguant. Et heureusement que Benoît m’a démontré la semaine dernière que la cancel culture n’existait pas, dans un billet du dimanche salutaire et comme toujours si bien écrit que je me suis dit que perso, j’allais arrêter d’écrire. Je te déteste Benoit. Enfin non, mais un peu quand même.

Oui, dans le tweet je cite Barbara Pravi et Jeanne Cherhal. Parce que le mot voilà me fait toujours penser à la deuxième et depuis peu aussi un peu à la première.

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Je vous laisse, il faut que j’aille démarrer mon abonnement à Salto vérifier que Rachel, Monica et Phoebe ont bien au moins le même nombre de rides que moi.

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Un commentaire

  1. Je suis tout autant de la génération Friends / Urgences / XFiles / Buffy / Caméléon . Oui , cela a été une excellente période ou l’on ne prenait pas par la main les spectateurs ( l’engueulade Rachel – Ross , l ‘agression de Carter et de Lucy , la mort de Greene ) . Friends aussi permit de faire sortir la communauté LGBT du placard via la première ex-femme de Ross , le père de Chandler etc

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