La gifle

Non, pas le film de 1974 avec Adjani et Montand Ventura...

Pour une fois que j’avais noté consciencieusement des idées de sujet dont je voulais vous parler, depuis dimanche, j’ai l’air malin.

Parce que franchement, qui a envie de m’entendre discuter du naturel et du galop alors que le Président s’est fait gifler en public ? Hein, qui ? Si vous avez levé le doigt, vu mes observations (joli) ces derniers jours, le naturel et le galop seront sans aucun doute au programme d’un prochain épisode, remarquez, c’est pas perdu.

Mais ce matin, obligée de parler de la gifle.

On a giflé le président Macron

Le président Macron est donc parti « prendre le pouls » des Français sur les routes de notre belle nation. Les chaînes infos reprennent les éléments de langage en boucle, Quotidien se gausse des habitudes du président – qui a le malheur d’être président à un moment où ses moindres faits et gestes sont filmés et documentés, donc les redites sautent plus facilement aux yeux, et les 20h font un sujet par jour, ça occupe.

Hier, donc, direction Tain l’Hermitage, dans la Drôme. C’est joli la Drôme. Et c’est joli, Tain l’Hermitage, comme nom de village. On a des jolis noms de village en France, quand même. Mais je digresse.

Les faits ont été détaillés en long, en large, et en travers, je vous mets quand même l’article de France Info au cas où vous avez enchaîné les Zooms hier jusque tard dans la soirée pour partir ensuite sur la night session de Roland Garros sans passer par la case infos (au choix : Twitter, CNews, BFM, LCI, et toutes les radios, quoi).

Mais ce qui est dingue, ce n’est pas tant la gifle, que les conséquences de la gifle.

Après la gifle

Le président fait le président, viril, un homme, un vrai, un dur, un tatoué – enfin je sais pas, il faudrait demander à Brigitte. Il ne change rien. Ni à son planning, ni à son protocole de s’approcher des citoyens. Posture de président.

Les politiques sont unanimes dans leur dénonciation de la violence. Cherchant un responsable le plus éloigné de soi possible (ceux de droite parlent de gilets jaunes, ceux de gauche parlent d’extrême droite et de royalistes). Même ceux qui soutenaient il y a quelques mois des appels à la décapitation du président au titre de la liberté d’expression. Dire et faire, c’est pas pareil. Ils font de la politique, quoi.

Le Canard titre

Le Canard fait du Canard.

Les twittos oscillent entre jeux de mots parfois drôles d’ailleurs (tarte à Tain) et complotisme (c’était calculé, prévu, Macron s’y attendait, etc.). Faut dire que le mec qui a giflé le président, il est fan de combats médiévaux, apparemment. Forcément, y’a du gros potentiel de meme. Il font du Twitter, en somme.

Ah ben non, en fait, c’est pas si dingue que cela ce qu’il s’est passé après la gifle…

Et pendant ce temps, le Covid19…

Se fait tout petit. Comme pour les trains qui arrivent à l’heure, on parle beaucoup moins des vaccins en pagaille, des hospitalisations en baisse, et du seuil des 5000 quasiment franchi dans le bon sens, cette fois.

Bien sûr, on voit encore des réticents au vaccin, mais on n’a plus les tonnes d’alarmistes qu’on avait avant, et ça fait du bien. Ne serait-ce qu’au moral.

Parce qu’il fait enfin beau. On va pouvoir dîner au restau à une heure pas encore espagnole, certes, mais plus anglaise. Les enfants n’ont bientôt plus classe. Les ados encore plus bientôt, pour ceux qui n’ont pas d’examens.

Donc si on pouvait aussi avoir quelques jours de répit côté mauvaises nouvelles, ça serait pas de refus, merci.

Profitez-en, sur le prochain sujet « Naturel et Galop » – que je ferai donc sans doute dimanche, il n’y aura pas que de l’optimisme.

Photo by Alisa Mulder on Unsplash

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