Journée presque normale

Réouverture des Ikéa.

D’ailleurs, j’ai appris hier soir dans Quotidien qu’on peut dire rouvrir ou réouvrir. Les 2 sont corrects, apparemment. Réouverture des Ikéa donc.

Visite en famille

Vous allez souvent chez Ikéa ? Pour Petit d’Homme, c’est mieux que Disney. Enfin, je crois, on ne l’a emmené chez Disney que tout petit, il n’en a aucun souvenir.

Hier donc, Ikéa rouvrait ses portes à Bordeaux, et je crois même dans toute la France. On préfère généralement y aller à l’ouverture, mais ça n’était pas compatible avec mon emploi du temps boulot, donc on est arrivés dans le parking un peu après 13h.

Première découverte : ils ont fermé le parking couvert. C’est devenu le lieu de file d’attente, avec l’équivalent de potelés de création de files en aéroport créé avec du ruban rayé blanc et rouge. Très accueillant.

File d’attente donc. Énorme. Ikéa a manqué à beaucoup de monde, pas qu’à nous. Et on avance dépités vers le début de la file, en se disant qu’il y a quand même une chance sur 2 qu’on ne soit pas partis à temps pour le rendez-vous chez le dentiste de Petit d’Homme… qui nous obligeait à repartir à 15h au plus tard.

On est sortis d’Ikea avec toute notre liste – et plus, comme d’habitude – à 14h10.

Une autre organisation

Comment se fait-ce, me direz-vous ?

Hier, la file était longue, certes. Mais très bien organisée. Marquage au sol. Vigile à l’entrée du parking couvert pour s’assurer que tout le monde possédait un masque – il nous était demandé de le mettre une fois à l’intérieur du magasin. Vigile avant les portes, avec accès à un compteur de personnes à l’intérieur. Le quota max était apparemment de 510 clients à l’intérieur.

Vous avez l’habitude d’aller chez Ikéa ? Même à 10h du matin – notre horaire habituel -, c’est blindé. Des gens partout, des files incommensurables à chaque fois que vous voulez accéder à un conseiller, que ce soit aux luminaires, aux bibliothèques, aux placards, et je ne parle même pas des cuisines… Donc on attend partout, on piétine dans les allées derrière ceux qui flânent, et quand aux caisses, c’est un véritable jeu de patience.

Mais là, une fois la file d’attente passée, c’était fluide. 510 clients, ça fait pas beaucoup en fait, sur un Ikéa je pense. C’est grand un Ikéa.

Une autre façon d’acheter

On avait fait une liste dans nos têtes de ce dont on avait besoin. On n’aime pas trop écrire la liste, quand on va chez Ikéa, temple de la sérendipité s’il en est. Qui n’est jamais sorti avec des coussins, des lampes, des ustensiles de cuisine qu’il n’avait pas prévu d’acheter ? Il m’est même arrivé de sortir après acheté des trucs dont je ne soupçonnais pas l’existence…

On avait donc laissé cette place à la sérendipité aussi. Et on en a un peu profité. Mais un peu seulement. Si les allées étaient quand même plutôt dégagées, on avait quand même le rendez-vous dentiste à ne pas rater et on était paniqués à l’idée de refaire une demi-heure de file aux caisses.

On n’était pas les seuls à faire différemment et moins flâner. Des familles, des couples avec femme enceinte, des couples, des gens qui avaient l’air seul – mais s’étaient peut-être réparti les tâches, tout le monde avait l’air concentré. Focus, on dit maintenant.

Nous on s’est réparti les caisses. Parce qu’aux caisses rapides ils limitent à 15 articles. On avait Petit d’Homme pour faire l’aller-retour entre nous deux, passer la carte Ikea Family, la carte de paiement, les sacs bleus…

Ça va durer alors ?

Si les mesures de « distanciation sociale » – terme faux-ami s’il en est – perdurent, nous allons durablement changer nos façons de consommer. Je suis convaincue que le showrooming va mourir par exemple. On ne flânera plus dans les magasins sans acheter. En lèche-vitrine sans acheter, peut-être encore un peu… En revanche, le ROPO – « Research Online, Purchase Offline » – a sans doute de beaux jours devant lui. Le Full Digital aussi bien sûr.

Les magasins vont devoir se ré-inventer, et pas qu’au niveau de la gestion des files d’attente, métier compliqué et peu maîtrisé par de nombreuses enseignes qui n’avaient aucun problème à la création de « foules » désordonnées, signe extérieur de leur succès. Ikéa avait déjà dans ses gênes le cheminement dans un seul sens, la sérendipité propre à ses bacs stratégiquement placés avec des achats d’impulsion – que celui qui n’a jamais craqué me jette le premier plaid -, et donc est parfaitement adapté à ces nouvelles pratiques. Sans doute la raison de notre très agréable expérience d’hier, où même les 25 minutes d’attente avant d’entrer ne nous ont pas pesé tant que cela – ils ont même pensé à mettre la file bien à l’ombre…

Pour les commerces de quartier, les enseignes de mode, même celles de produits high-tech, c’est sans doute plus compliqué à imaginer. Les surfaces sont peu adaptés, les rayons disposés pour d’autres usages, les sens de circulation désordonnés, les mises en avant d’achats d’impulsion rares…

Le métier des prochaines années qui a de l’avenir ? Architecte d’intérieur spécialisé retail. Les formations vont fleurir…

Photo by Semen Borisov on Unsplash

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